La réalité augmentée pour apprendre l’histoire de façon ludique

L’avènement de l’ère technologique a imposé le numérique dans l’ensemble de nos sociétés. Les historiens ont pourtant encore beaucoup de difficultés à appliquer les outils informatiques dans leurs méthodes de travail. En effet, ce domaine si particulier s’effectue jusqu’ici avec des pratiques assez traditionnelles, se basant notamment sur des anciens écrits ou des archives. Pourtant, les nouvelles technologies représentent des opportunités extraordinaires pour la science historique, et la recherche. La technologie pourrait également relever le défi de rendre l’Histoire plus attractive aux nouvelles générations, et autres non-initiés. Une de ces technologies s’est révélée particulièrement efficace pour rendre la connaissance historique plus accessible, et plus ludique.

 

Cette technologie, c’est la réalité augmentée. Utilisée sous plusieurs formes, elle permet aux historiens d’accroître l’efficacité de leurs recherches, et aux non-initiés de pouvoir découvrir l’Histoire de manière beaucoup plus accessible, et parfois ludique. Cet article insistera sur ce dernier point, et s’intéressera à la manière dont l’utilisateur peut augmenter sa connaissance historique en utilisant cette forme de réalité virtuelle.
Avant toute chose, il est important de définir cette notion technologique, qui est souvent confondue avec la réalité virtuelle. La réalité virtuelle est une invention permettant à un individu de pouvoir interagir avec un lieu totalement généré par un logiciel. La réalité virtuelle influence directement certains points sensoriels du corps humain, comme la vue, l’odorat, le toucher ou l’ouïe. La réalité augmentée se différencie dans le sens où un élément virtuel peut être inséré dans un environnement réel. On peut donc en conclure que c’est une superposition du virtuel et de la réalité.

 

Le principe de fonctionnement de cet outil présente un attrait assez simple : il s’agit d’une incorporation d’images de synthèse sur des images issues du monde réel grâce à tout matériel numérique disposant d’une caméra. A partir de ce principe, on peut facilement s’imaginer que cette fonctionnalité peut s’appliquer à de très nombreuses activités, ou organisations à but non-lucratif. Malgré les difficultés qu’éprouve le secteur technologique à entrer pleinement chez les historiens, de nombreux édifices et monuments ont aujourd’hui recours à cet outil dans le but de le faire profiter directement aux visiteurs. Il peut aussi être d’une grande utilité pour les chercheurs et les rénovateurs. Quand on connaît l’attention et le soin qui est généralement accordé aux sites patrimoniaux, on ne peut douter de l’utilité et de la fiabilité de cette fonctionnalité. Une application bien connue permet notamment de nombreux services en terme de réalité virtuelle. Parmi les lieux qui ont adopté cette technologie, on peut retrouver :

  • Cherbourg, France : visualisation du château fort maintenant disparu
  • Cluny, France : visualisation de l’état de l’Abbaye au XVe siècle
  • Chambord, France : reconstitution de 8 salles du château à l’époque de François Ier (début du XVIe siècle).
  • Fontainebleau, France : Visualisation et guide du musée chinois qui fut cambriolé

 

Cette application n’est pas la seule sur le marché. Une autre application vous permet par exemple de pouvoir revivre dans les conditions d’époque le débarquement sur les plages de Normandie, à seule condition d’être sur le lieu de l’évènement historique, mais aussi d’avoir un smartphone ou une tablette à disposition. Ainsi, il apparaît donc évident que désormais l’utilisateur peut rajouter un tas d’expériences à sa découverte de la culture historique. Ces expériences sont réalisées de manière ludique et personnalisée. En effet, l’individu pourra interagir avec le passé grâce à son appareil mobile, en le bougeant dans les directions souhaitées. Il bénéficiera également de plus d’informations sur les œuvres ou monuments qu’il découvre. Il aura également accès à des images et des animations qu’il n’aurait jamais pu voir sur des supports traditionnels, ou avec des technologies plus anciennes.

 

Il y a pourtant un marché où cet outil s’applique parfaitement de manière ludique et pourrait très bien répondre aux besoins d’attractivité de l’histoire. Ce marché, c’est celui des jeux-vidéo. De nombreux développeurs ont d’ores et déjà opté pour des jeux à grande tendance historique. Et les retombées financières ont été très bonnes. De nombreux joueurs ont été attirés par des aventures historiques reconstituées en 3D sur leur écran de télévision. Certaines licences ont même été reconduites pendant plusieurs années, et possèdent une base de fan très répandue, qui attendent chaque édition très impatiemment. Et il ne faudrait pas prendre les développeurs à la légère. Certains jeux retracent parfaitement les faits historiques racontés et reconstitués.

 

Cette fonctionnalité s’est elle aussi déjà bien implémentée dans le marché vidéoludique. Beaucoup de jeux mobiles ont déjà adopté cette technologie pour rendre leurs applications plus attractives. En effet, le caractère nouveau de cette technologie éveille la curiosité de l’utilisateur, qui souhaite donc l’utiliser et pouvoir partager son expérience avec d’autres utilisateurs.

 
Les jeux vidéo à caractère historique utilisant la réalité virtuelle ne sont pas encore légion. En effet, il est très difficile et très coûteux à l’heure actuelle de pouvoir créer ce genre d’applications ou de jeux. C’est un vrai frein au développement de l’histoire dans ce domaine. Il y a tout de même quelques développeurs mobiles qui se sont décidé à passer à l’action. C’est le cas pour une application mobile américaine, qui permet à leurs utilisateurs de pouvoir revivre l’indépendance des Etats-Unis en temps réelle via leur appareil mobile. En plus de pouvoir revivre des expériences du passé directement sur le lieu de l’action, il leur sera demandé quelques questions en rapport avec ce qu’ils ont vu, compris, ou retenu. Une façon de rendre le rapport avec l’histoire encore plus interactif.
En conclusion, on peut donc dire que la réalité augmentée peut avoir un réel impact dans la popularisation de l’histoire, et de son regain d’intérêt. Le caractère ludique de cette nouvelle technologie représente un attrait sans précédent pour faire intéresser les gens aux grands évènements du passé, et à l’histoire de nos civilisations. Les historiens et développeurs auraient grand intérêt à collaborer main dans la main afin de pouvoir atteindre des résultats très conséquents sur le long-terme. Voilà une association qui n’était pas forcément attendue par les experts, mais qui semblerait bénéfique.

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